En bref
Je suis quelqu’un de discret. Parler devant un petit groupe c’est déjà compliqué pour moi, alors devant une assemblée entière ? C’est au-dessus de mes moyens. Du moins, c’est ce que je pensais.
Depuis que j’ai rejoint le programme d’incubation de la French Tech Grande Provence, j’ai dû présenter Stenko à 3 reprises devant des dizaines de personnes. Pas le choix quand on monte une startup, il faut y aller. Aller chercher de la visibilité, de l’attention, du soutien. Et ça passe forcément par le pitch. Je te raconte tout ça, en toute transparence :
Premier pitch : afterwork Start Tech
Le premier, c’était lors d’un afterwork organisé par la French Tech Grande Provence.
Au programme : networking, échanges, et pitcher son projet en 2 minutes devant une cinquantaine de personnes. En théorie, je savais que ça faisait partie du jeu. En pratique, je n’étais pas du tout prête.
J’avais préparé mon pitch. Répété. Chronométré. Tout ça.
Mais dès que je suis arrivée sur scène, le stress m’a envahie. J’ai fait une petite blague pour essayer de me détendre, et j’ai senti beaucoup de bienveillance dans la salle. Ça m’a fait du bien. Alors j’ai commencé mon pitch. Et dès la 2ème phrase… le blanc. Aucune idée de ce qu’il fallait que je dise après. Aïe.
Je ne me suis pas laissée démonter, je me suis excusée, j’ai avoué en souriant que j’étais très stressée, j’ai soufflé un bon coup. Et j’ai repris.
Honnêtement, je ne sais pas exactement ce que j’ai dit ensuite. Mais j’ai enchaîné. J’ai bien senti que ma voix vascillait par moments (mes jambes, encore plus), mais j’ai tenu bon. J’ai quand même fait une bourde en disant que mon application était conçue pour les vétérinaires alors que pas du tout (LOL), mais à part ça, je crois que je m’en suis plutôt bien sortie.
Ce qui m’a surprise, c’est ce qui s’est passé après. Beaucoup de gens sont venus me voir. Pas pour me dire que le pitch était parfait, mais qu’il était authentique. Que ma sensibilité les avait touchés, que j’avais su jouer de mon trac au lieu de le subir. Ça m’a fait vraiment plaisir de recevoir autant de commentaires bienveillants.
Un pitch parfait et rodé, ça peut paraître artificiel. Un pitch imparfait mais sincère, ça connecte. Je ne dis pas que le blanc était une stratégie 😅, mais j’ai compris ce soir-là que les gens ne cherchent pas la perfection. Ils cherchent quelqu’un à qui ils ont envie de faire confiance.
Deuxième pitch : volontaire désignée à Avignon
Le 8 juin dernier, j’ai participé à un événement d’entrepreneurs organisé par le Grand Avignon. Le genre de journée avec plein d’ateliers thématiques. Un des ateliers portait sur « oser ». Et l’exercice, c’était de pitcher son projet en une minute devant tout le monde (une vingtaine de personnes assistaient à l’atelier).
Quand l’organisateur a demandé un volontaire, j’ai fait comme à l’école : baissé les yeux, surtout ne pas croiser son regard. Sauf que ça n’a pas marché.
Quelqu’un que je connaissais et qui co-organisait l’événement m’a vue, et m’a fait venir devant tout le monde pour présenter Stenko. Ultra stressée. Pas préparée psychologiquement.
Heureusement, j’avais déjà un pitch prêt en tête. Je l’ai déroulé. Avec quelques accros et énormément de stress, renforcé par le fait qu’on était dans un endroit très bruyant, sans micro, et que je devais forcer fort sur ma voix. J’ai parlé très vite.
Franchement, c’était pas ouf. Mais je suis contente de l’avoir fait. Parce que la prochaine fois où je serai désignée volontaire malgré moi, je saurai que je peux y aller. Même mal. Même sous pression.
Troisième pitch : la version préparée
Le 18 juin, il y a eu un afterwork French Tech. Là encore, il fallait pitcher son projet en une minute.
Mais cette fois, j’étais prête. J’avais préparé mon pitch. Je m’étais beaucoup plus entraînée. Mentalement et physiquement.
J’étais quand même très stressée. La voix qui reste coincée dans la gorge, les jambes qui flageolent, les mains qui tremblent. Tout le pack. Mais j’ai réussi à tout dérouler tranquillement, sans réel accro.
À la fin, beaucoup de personnes sont à nouveau venues me voir. Et cette fois-ci, pour me féliciter pour la qualité de mon pitch.
J’étais fière de moi. Parce que je me suis prouvée qu’avec un peu d’entraînement (et de préparation mentale), j’étais capable de le faire. Il me manque encore du naturel. Mais ça viendra avec une meilleure gestion du stress.
Ce que j’en retiens
Trois pitchs en quelques semaines. Trois expériences très différentes.
Le premier m’a appris que l’authenticité touche plus que la perfection. Quand tu fais un blanc et que tu en ris doucement, les gens s’identifient. Personne ne cherche un robot.
Le deuxième m’a appris que savoir y aller même non préparée, c’est précieux. La vie nous met dans des situations où on n’a pas le choix. Avoir un pitch prêt en tête, c’est un filet de sécurité énorme.
Le troisième m’a appris que l’entraînement paie. Même si le stress reste là, il devient gérable. Le corps tremble, mais la parole sort. Et ça change tout.
La prochaine fois je serai probablement encore stressée. Mais je serai un peu moins surprise par ce stress. Et c’est déjà beaucoup.
Si tu construis aussi quelque chose et que la prise de parole te terrifie : tu n’es pas seul. Le seul moyen d’avancer, c’est d’y aller. Au début, ça sera probablement très moyen. Alors garde une seule chose en tête : c’est pas grave. L’important, c’est de se lancer.
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